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J’adore la provoc.
On parle beaucoup, en mal, de Nosy Be en ce moment.
Je titre par deux vols à Nosy Be, ça me fait rire et distraira les référenceurs .

Je débarque à Nosy Be.
Après le change et l’installation, je rencontre un pote FB.
Le soir un SMS arrive.
Pieeerreee, j’ai entendu dire, sur ton blog, que tu es à Nosy Be, attend moi, j’arrive avec l’ULM, faut que tu le règles.
Le lendemain, je retrouve mon bateau volant, revendu à un belge, également plongeur, 4 ans que je n'ai pas fait joujou avec.
L
e temps de blablatter, de le remonter, l’après-midi est là, le vent et la houle aussi, l’essai se fera demain.
Une personne arrive affolée : vazaha, mon neveu a eu un accident avec un harpon, faut l’amener à Ankify, le papa est docteur, il n'y a plus de bateau.
Je vois un gamin de 15 ans arriver avec une flèche de harpon plantée dans la main et le poignet en vrac.
Le proprio de l’ULM dit : demandez au vazaha…
Bon ben, on va faire l’essai maintenant hein.
Les deux malgaches montent naturellement dans l’ULM…
Eeeee, déjà on va le mettre à l’eau et, eeeee, il n’y a que deux places.
Ils descendent de l’appareil.
On le met à l’eau.
Ils remontent tous les deux.
Ayant compris que je dois conduire de l’avant, l’ado monte sur les genoux du tonton…
L’ULM n’étant qu’une question de poids, les deux sont léger, alors go…
On enfile les Lynx et je contacte la tour :
- m
bolatsar la tower, clairance pour un transit Ambatoloaka – Ankify et retour
- s
alut vazaha Pierre, c’est Auguste, je t’ai reconnu avec ton accent anglais
Pas de trafic, par contre, un fort vent dans le nose qui se renforce bien, bien.
- m
isaotra be
Il y a de la houle, il faut décoller dans le sens de la houle… Travers vent.
Actions vitales, je rassure mes passagers, gaaazzz… Et beuuuuuh… Pas de gaz aux pieds, les gaz à main ne tiennent pas…
Re gaaazzz, je suis la ligne de houle.
Le bateau monte sur son redan, je redeviens donc ULM.
Un petit coup de gouvernail, pour casser la ligne de houle et prendre la suivante, en évitant de déjauger à cause de la jupe trop courte qui projette l'eau sur l'hélice et nuit au rendement.
La demi aile au vent commence à bien porter et je contre au gouvernail, pour éviter de tourner, l’appareil est prêt, je le maintiens encore un peu, un coup de gouvernail, pour couper la houle, nous sommes en l’air, prise de vitesse sur la crête des vagues et dans le vent de face, on rame de chez rame, ce qui me fait craindre le retour…
75 mn après, nous posons dans la baie d’Ankify protégée.
Mes passagers sont devenus plus blancs que moi, l
e papa du garçon me remercie et ils partent sans comprendre ce qui s'est passé...

Je n’ai pas plus consommé vent de face, mais 75 mn correspond à mon aller – retour, donc je cherche de l’essence.
Je rachète deux fonds de cuve de groupes électrogènes, ils n’auront pas la télé ce soir, puis un hors-bord me laisse aussi le fond de la nourrice.
Voyons voir, pour le mélange à 1,8%.
J’ai environ 0,45 l + environ 1,28 l + environ 4,54 l =  sur 6.27 l * 1,8 % = 0,11286 l = 6 bouchons de bouteille d’Eaux Vives, l’eau minérale locale…
Je rajoute généreusement, ce n’est pas moi qui paye, un bouchon pour la route .

Je suis dans mes calculs, quand je vois arriver deux obus marqués Sweet Baby.
- vazaha, il n’y a plus de bateau, tu peux m’amener à Ambatoloaka
- e
eeee, mais bien sur…
- v
azaha, je peux prendre mon écran plasma avec moi
- e
eeee, mais bien sûr, c’est quoi ton prénom 
-
Bertheline
- a
llez, en route Sweet Baby

J’arrime l’écran sur les jambes de train, pour éviter le porte à faux, je cale la rame du zodiac en travers, un ULM hydro est aussi un bateau et son accastillage...
Je m’occupe personnellement de l’arrimage de la ceinture de Sweet Baby  et lui donne des consignes.
Après le décollage, je lève le pouce, si tu es contente, tu lèves les pouces, c’est ok 
Ok vazaha, je peux te tenir par la taille comme sur un scooter 
Non seulement tu peux, mais tu dois
On décolle vent de face dans la baie, vent thermique puisque en l’air, il est de dos.
Je lève le pouce pour Sweet Baby, en continuant à me serrer la taille, je sens ses pouces monter dans mes côtes, l’espace d’un instant, j’aurai aimé qu’elle n’aime pas
Face au vent, on décolle vite.
En l’air, tout de suite, ça défile grave.
Je fais un 180 °, pour voir la force du vent.
Je suis en croisière à 75 Km/h et l’appareil recule un peu.
Je contacte la tower qui me confirme, que ça correspond à la force du vent annoncé.
Le vent météo n’est pas horrible mais il s’additionne aux thermiques, la houle est bien formée.
10 mn après, Ambatoloaka est là.
On n’approche pas, comme d’hab., sur les cocotiers, mais en mer, le but étant de se faire reculer, pour poser au plus près de la beach, pour que la houle n’enfourne pas le bateau. Faut que je pense à laisser le gouvernail relevé, je n'aurai que peu d'eau.
Je regarde Sweet Baby, elle est hilare et ses pouces dans mes cotes.
Je suis en mer, la beach est en arrière, point d’aboutissement inversé, ça devrait le faire.
Pour descendre sans reculer, je fais un décrochage, puis un autre dans l’abattée, ça pénètre bien, tout comme les doigts de Sweet Baby… Toujours dans les côtes.
Plus que décroché, le bateau flappe et l'ensemble parachute...
A la reprise du vol, après les deux décrochages, je me fais reculer en modulant la prise de vitesse et je beache sur l’arrondi…
Pas tout à fait kiss, juste un petit splash, j’ai été surpris par le gradient dû à la houle…
Je n’ai pas de gaz aux pieds et ceux à mains ne tiennent pas… Et puis mettre les gaz pour atterrir, annule la pureté du kiss
Victor, l’ex gardien de l’ULM est là.
Il se souvient, il est dans l’eau et tient juste les câbles au cas où…
Je clôture le vol : 
- allo la tower, posé pas mouillé
- p
arfait, à toute
- à toute
Je descends de l’ULM.
J’aide Sweet Baby qui est dans tous ses états, tombe l'aile, la détarque et débriefe le vol, tout heureux de ses beaux instants de rigolades…
Bon ben, il vole bien ton truc hein…
Il faut juste remettre les gaz comme il faut et agrandir la jupe anti éclaboussure, c’est mieux pour le rendement de l’hélice.
Je parle à Sweet baby qui n’a pas conscience, que ce vol est spécial.
Le proprio nous invite tous au bar, Sweet Baby appellent des copines…
Les mojitos défilent, ma houle perso monte puis Sweet Baby hurle : quand il pousse le tube à fond, l’avion il tombe et ça fait chanter foufoune

Deux jours plus tard, dans le taxi brousse qui m’amène vers d’autres aventures, je vois arriver Sweet Baby et son écran plasma…
Elle part chez ses parents, leur offrir la télé.
Elle doit faire pour cela, 18 h de taxi brousse et 6 heures de pirogue…
Ensemble dans le taxi brousse,
elle raconte son aventure aérienne avec le vazaha qui fait chanter foufoune…

Misaotra Be Sweet Baby.
Tu es une douce ingénue, tout ce que j’aime et ta vie une aventure journalière.

En photo : 
- le parachutage du flotteur, photo ancienne
- Sweet Baby
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Tag(s) : #Voyage

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